![]() |
1300 ans de Nara

Carte du Japon (Nara)
L’époque de Nara est l’une des 14 subdivisions traditionnelles de l’Histoire du Japon. Elle correspond à l’époque antique qui s’étend de 710 à 784, avec l’installation de la capitale par l’impératrice Gemmeï à Heïjô-kyô (actuelle Nara). Durant cette période, les Japonais intègrent et transforment les apports de la civilisation chinoise en développant un système administratif, une écriture, une religion et des arts spécifiques.
Heïjô-kyô fut choisie pour sa situation géographique : elle était située au croisement des routes principales reliant l’Est et l’Ouest, ainsi que sur un axe Nord-Sud conduisant à la mer du Japon située entre le Japon et la Corée.
Suite à la réforme Taïka de l’an 645 portant sur la centralisation du pouvoir, la ville de Heïjô-kyô devint le siège du gouvernement et le centre d’un nouveau système basé sur des codes : le système du ritsu-ryô. Il regroupait des dispositions pénales et des institutions administratives.

Impératrice Gemmeï

Empereur Kammu
Histoire du Japon : entre Chine et pacifique, de Danielle Eliseeff, Editions du Rocher, 2001
Les Japonais : histoire d’un peuple, de Robert Calvet, Editions Armand Colin, 2003
Histoire du Japon : des origines aux débuts du Japon moderne, de George Samson, Editions Fayard, 1988 Le bouddhisme est, selon les points de vue, une philosophie, une spiritualité ou une religion fondée par Siddharta Gautama en Inde au Ve siècle av. J.-C. Il présente un ensemble ramifié de pratiques méditatives, de pratiques éthiques, de théories psychologiques, philosophiques et cosmogoniques, abordées dans la perspective de la libération de l’insatisfaction et du plein épanouissement du potentiel humain.

Moine bouddhiste japonais
Hossô : propagée en 654 par le moine Dôshô, cette secte étudie « les caractères phénoménaux ». Elle porte sur la « conscience pure ». L’école Hossô domine les autres écoles au début de l’époque de Nara.
Jôjitsu : elle prêche « l’accomplissement de la réalité ». Elle estime que tout ce qui compose le monde mental et matériel ne peut être considéré comme ayant une existence réelle.
Kegon : c’est « l’école de la guirlande fleurie » qui doit son nom au sûtra Avatamsaka sur lequel se base son enseignement de la quête spirituelle. Elle fut implantée en 736, et elle chercha à unifier les autres écoles afin d’en prendre le contrôle. Cette opération fut facilitée par la confiance que lui accorde le pouvoir à la fin de l’époque de Nara.
Kusha : elle étudie le « Trésor des analyses de la loi bouddhique ». C’est un sûtra où est inscrite la thèse de la décadence de la loi (mappô).
Ritsu : fondée par le moine chinois Ganjin en 753, c’est « l’école de la discipline ». Cette secte se fonde sur un ensemble très strict de règles disciplinaires régissant la communauté monastique.
Sanron : c’est l’école des « Trois traités ». Elle se base sur trois sûtras fondamentaux diffusant l’idée de surpasser l’idée de l’éternité d’une existence absolue, et le nihilisme de la non-existence. Suite à l’importance du bouddhisme durant l’époque de Nara, la ville dispose encore de nombreux temples bouddhiques :
Tôdaï-ji : ce temple est le symbole de Nara et le plus ambitieux complexe religieux érigé pendant les premiers siècles de culte bouddhiste au Japon. C’est également le bâtiment en bois le plus grand du monde. Il abrite le Daibutsu : une statue de Bouddha en bronze haute de 18 mètres, réalisée entre 746 et 752 sous l’ordre de l’empereur Shômu. Il fut brûlé deux fois, en 1180 et en 1567. Le bâtiment actuel du Grand Bouddha fut reconstruit en 1709.
Kôfuku-ji : ce temple fut transféré d’Asuka jusqu’à Nara en 710. Il fut dédié à la secte Hossô. Il appartenait à la famille Fujiwara, une famille aristocratique très puissante à l’époque de Nara. Dans son enceinte, se trouve le kokuhôkan (Musée des Trésors Nationaux) qui fut construit en 1959 pour abriter les statues, tableaux, livres et documents historiques qui ont été désignés comme « Trésor National » ou qui sont considérés comme « Importante Propriété Culturelle ». Son but est de permettre au public de mieux comprendre le bouddhisme et de pouvoir apprécier les artéfacts bouddhiques culturels.
Gangô-ji : ce temple fut déplacé à Nara en 718 après que celle-ci fut devenue la capitale du Japon. Après l’époque de Nara, il perdit de sa puissance politique mais continua d’attirer le peuple.
Yakushi-ji : l’origine de ce temple remonte à 680 quand l’empereur Temmu l’édifia pour la guérison de son épouse. Il fut transféré à Nara en 718. Seule la pagode d’Est est d’origine. La pagode d’Ouest fut reconstruite en 1982.
Tôshôdaï-ji : ce temple a été fondé par le moine chinois Ganjin en l’an 759. Il fut dédié à la secte bouddhiste Ritsu.
Religions, croyances et traditions populaires au Japon, sous la dir. de Hartmut O. Rotermund ; avec la collab. de Jean-Pierre Berthon, Laurence Caillet, Dennis Gira..., 2000 De 710 à 784, la ville de Nara devint la première capitale fixe du Japon, et un centre administratif, artistique et bouddhiste. De part cette importance, la ville a gardé un grand nombre de monuments historiques dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998, parmi lesquels des temples bouddhiques et shintoïstes.
La ville continue traditionnellement d’organiser des fêtes tout au long de l’année. Beaucoup auront lieu cette année 2010 pour célébrer comme il se doit les 1300 ans de la ville de Nara !
Après avoir festoyé, pourquoi ne pas aller vous reposer dans le Parc de Nara, créé en 1880 (déjà 130 ans d’existence), qui s’étend sur une forêt naturelle de 660 hectares. Vous pourrez y croisez de nombreux daims shika en liberté et apprivoisés. Attention, ils sont particulièrement voraces !

Daims shika
Dictionnaire historique du Japon, publié par la Maison franco-japonaise de Tokyo, 2002
La civilisation japonaise,de Danielle Elisseeff et Vadime Elisseeff, Editions Arthaud, 1974
Histoire du Japon : des origines à nos jours, sous la direction de Francine Hérail ; avec les contributions de Guillaume Carré, Jean Esmein, François Macé..., 2010
Japon hier et aujourd’hui, de Louis Frédéric, 1986
Histoire du Japon : des origines à Meiji, de Michel Vié, 2009
Écrits sur le bouddhisme japonais, de Lafcadio Hearn, 1993
Dictionnaire du bouddhisme, d’Encyclopaedia universalis, 1999
Petite histoire du bouddhisme, de Jean-Noël Robert, 2008
Nara, trésors bouddhiques du Japon ancien : le temple du Kōfukuji, Exposition, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 20 septembre-9 décembre 1996, organisée par la Réunion des musées nationaux et le Musée national des arts asiatiques-Guimet], 1996
POEMES D’AMOUR DU MANYO-SHU, 1975
Chants d’amour du Man.yô-shû, présentés et traduit du japonais par René Sieffert, 1993