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« Ce fut un pas important pour l’humanité que la moustache et la barbe fussent considérées comme deux éléments distincts et un pas de géant quand il fut admis qu’on puisse se raser la barbe tout en laissant pousser la moustache ; il déclara que la barbe était nuisible, qu’elle tendait de façon inexorable à étouffer la moustache et même à l’engloutir. »
Alors qu’il pensait retrouver une vie paisible, Cumali, de retour du service militaire, va bouleverser son existence.
Assis sur le fauteuil du barbier Ziya, lui, qui venait juste pour un rasage au plus près, va se laisser tenter et laisser pousser sa moustache.
Mais pour Ziya le terme « pousser » n’est pas le plus approprié. Le barbier trouve, en Cumali, le potentiel pour réaliser l’œuvre de sa vie : « la Moustache » d’une nation.
Cumali va devenir l’homme de sa « Moustache ». Une « Moustache » adorée par les villageois, fantasmée par les villageoises. Les jeunes femmes rêvent que la « Moustache » les caresse, en volant, durant la nuit. Les politiciens retrouvent en Elle, la fierté des temps anciens de la Turquie.
Mais vivre avec une telle « Moustache » n’est pas vraiment simple car qui porte l’autre ? Le corps porte-t-il la « Moustache » ou le corps est-il, uniquement, un pied d’estale ?
Véritable réflexion selon « L’Etre et le Néant » à la Sartre ou , encore, le fameux « to be or not to be ».
« La Moustache » est une fable philosophique sur un monde où la folie n’est jamais très loin. Tout tourne autour de cette « Moustache » qui aura même son nom propre : « Sabrenoir ».
Le mythe est en place mais que fait-on de l’homme ?
Très bon roman. On se demande où Tahsin Yücel veut en arriver, avec un tel sujet. Le plaisir de la lecture est là avec humour, drame et réflexions. Il n’y a aucune longueur (sauf celle de la « Moustache ») et le style conté est très approprié.
A lire.