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 Le funambule ("Man on wire")
James MARSH
(Diaphana édition vidéo)

15/01/2010 Illustration du document présenté

Ce documentaire du britannique James Marsh retrace l’aventure extraordinaire du crime artistique du siècle : une traversée... de 43 mètres. 43 mètres de fantasmes pour Philippe Petit (et sa bande), dont le projet de marcher sur un câble tendu entre les deux tours du World Trade Center, a fini par se réaliser ce 7 août 1974. C’est à cette date qu’ils commettent ce qu’ils appellent « the coup », en toute illégalité. En deux équipes, ils parviennent à acheminer un matériel plus qu’imposant au sommet des tours (fraîchement inaugurées en 1973), ni vus ni connus, au prix d’un épique jeu du chat et de la souris avec les équipes de sécurité : c’est déjà un exploit. Tendre un câble, le sécuriser tant bien que mal, affronter le froid, le vent (qui n’a heureusement pas soufflé trop fort le jour J)... Tout sur le papier ressemblait à un immense délire, une entreprise vouée à l’échec. Ceci rend d’autant plus touchante l’aventure de ces rêveurs talentueux, qui iront jusqu’au bout, contre toute attente, après des années de préparation, pour le moins laborieuses.
On voit le long du film se dessiner les diverses personnalités des protagonistes : Philippe Petit en tête, le poète extra-terrestre et sa concentration extrême sur le câble, mais aussi son acolyte, Jean Louis, dont on sent bien qu’il porte une responsabilité immense, et s’échine à rendre réalisable la vision de l’artiste par un travail méticuleux de préparation, de réglages.
Une fois le projet lancé ce 7 août, tout aurait pu 1000 fois s’arrêter, mais comme le dit Philippe Petit dans l’interview (en bonus du DVD), ce fût un « festival de miracles ». Une des grandes réussites de ce film (Oscar 2009 du meilleur documentaire) est la connivence qu’il parvient à installer entre le spectateur et notre funambule, dont on embrasse irrésistiblement l’ambition. On se passerait bien des envolées lyriques (verbales) de Philippe Petit dans les commentaires, et des innombrables bons mots sur le thème du fil, tant la poésie du geste suffit à émouvoir. Un homme sur un câble à 420 mètres du sol, les quelques notes d’Erik Satie sont presque superflues, les images sont magiques. Il restera perché 40 minutes, le temps de 8 traversées !
Un accomplissement majeur du monde de l’inutile.

Philippe Petit fût arrêté par la police de New York, et sur le procès verbal figurait le motif suivant : « man on wire » (homme sur un câble).

Un exploit qui inspira entre autres Colum McCann, pour son roman «   Et que le vaste monde poursuive sa course folle » dont voici une critique.





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